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Sang et neige. [Mission de rang A]

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Raimei Hokoru
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MessageSujet: Sang et neige. [Mission de rang A] Mer 17 Oct - 13:17


Frozen

Mes bottes laissaient de profondes traces clairement visibles sur le tapis d’un blanc immaculé qui recouvrait le sol. Chaque pas de ma personne était accompagné d’un craquement distinct alors que je progressais avec une relative lenteur, sans doute parce que la malléabilité du terrain et l’atmosphère d’une rare froideur ralentissaient ma progression. Effectuant quelques pas supplémentaires, je m’arrêtais quelques instants. Ma main droite remonta jusqu’à mon menton alors que je me saisissais de l’écharpe épaisse en laine qui couvrait ma gorge. Lâchant un souffle qui laissa un nuage bien visible dans l’air, je frissonnais avant de remonter l’écharpe sur mon visage, cachant par la même occasion mon nez et ma bouche. Le temps était vraiment dur dans le coin… surtout pour ceux qui n’y étaient pas habitués. À l’ombre de ma capuche, elle-même reliée à une cape épaisse de la même matière que mon écharpe, j’observais le paysage m’entourant de mes yeux absents. Un paysage sans vie, figé dans la clameur glacée de l’hiver. Vraiment différent de ce que je pouvais trouver chez moi et dans les environs. Le dépaysement était réussi. Quelques oiseaux voletaient parfois au-dessus de ma tête sans émettre ces gazouillements joyeux qu’on pouvait entendre au printemps venu. Ils se contentaient de planer, disparaissant dans les arbres, se fondant de leur plumage blanchâtre au reste du décor. Les seuls bruits qui me parvenaient étaient le craquement des branches sur lesquelles je marchais ou celui de la neige qui se compressait sous mon poids. Le reste n’était qu’un silence froid, à la limite de l’inquiétant… si bien que je faisais parfois halte pour vérifier que ce qui m’entourait était toujours aussi inanimé et qu’un esprit mal intentionné ne s’était pas infiltré dans la couverture offerte par le silence pour me surprendre en traitre et me faire un sort, sans doute le plus rapide et expéditif possible, avant de disparaitre de nouveau entre les troncs gelés. En effet, j’étais loin d’être venu ici par envie de prendre des vacances. Le travail qui m’attendait dans cette région était d’une importance notoire et je n’avais ni le temps, ni le droit de m’adonner à une quelconque détente dans ce territoire qui n’était pas le mien… le pays de la neige. Passant une main gantée sur mon front, je fis glisser l’un de mes doigts sur la rayure profonde de mon bandeau frontal.

J’étais déjà parti de Kumogakure no Sato depuis plusieurs jours, abandonnant la température douce des sommets montagneux au profil des climats plus tempérés avant de revenir sur les côtes et de m’abandonner à aux embruns et à l’air marin. Puis, une traversée silencieuse et tout à fait ennuyeuse m’avait permis de franchir l’obstacle aqueux de grande envergure qui me séparait de ma destination : ce pays figé dans la glace. Accessible seulement par voie maritime, ne connaissant ni été ni printemps ni automne, toujours sous la domination de l’élément neigeux que l’on pouvait trouver sur des kilomètres à la surface de l’ile. Les shinobis de ce pays, d’après ce que j’en savais, possédaient le Kekkei Genkai Hyôton. L’art de contrôler la glace afin d’en faire une terrible arme autant qu’une défense de grande résistance. Le Raikage m’avait envoyé dans cette contrée pour une raison très sérieuse : une mission de rang A que je devais accomplir avec efficacité. Un groupuscule jugé très dangereux était en train de refaire surface dans les environs. D’après ce que Aa Yotsuki m’en avait dit, cette secte avait été formée par le passé, il y avait déjà bien longtemps de cela, par un certain Amiko Tsukimaga. Recourant à des techniques jugées comme dangereuses et interdites, cet homme s’était forgé un cercle très puissant de compagnons qui croyaient en ses idéaux et ensemble, ils avaient ravagé des villages sans compter par recherche de spiritualité. Mais avec le temps et les interventions des villages naissant, tout ceci avait disparu de l’histoire et aujourd’hui, plus personne n’y faisait allusion… jusqu’à maintenant. Un Shinobi avait commencé à rassembler à son tour des fidèles. Cet homme, jugé comme un descendant direct de Tsukimaga par les services de renseignement, avait d’or et déjà de façon certaine rallié à sa cause quatre ninjas… perpétrant de nouveau des massacres dans la région avec une violence inouïe et un diabolisme qui ne laissait pas même l’ombre d’une chance à la merci et à la pitié. Les victimes étaient exécutées sans aucune autre forme de procès, qu’elles furent hommes, femmes, enfants, nourrissons. Rien ne semblait pouvoir arrêter la folie de ce groupe, codes moraux comme forces présentes dans le pays. Voilà pourquoi j’y avais été envoyé : je devais récolter des informations sur cette secte qui refaisait surface et en ramener un membre avec moi sur le retour. Voilà ce qu’était mon plan d’action. Si les choses se corsaient, je devais revenir en vie au village en abandonnant l’objectif. Cela dit, je n’étais que peu désireux de revenir la queue entre les jambes et l’objectif gâché. C’était contre mes principes même de ninja que de revenir les mains vides quand on attendait de moi quelque chose. Aussi, je comptais clairement m’infiltrer parmi les rangs morbides de cette secte et apprendre ce que j’avais à apprendre. Puis je trouverai un moyen de prendre dans mes filets un disciple de la philosophie macabre qui amenait à toutes ces destructions avant de le ramener au village.

Pour cela, je devais cesser d’être Raimei Hokoru. Je devais faire ce que tout bon ninja devait être en mesure de faire : construire un énorme mensonge dans lequel je me terrerai avant d’en surgir, poignard en main, telle une araignée venimeuses qui sort de son terrier pour un festin. Je devais tromper la vigilance de ceux que mon travail allait aider à arrêter, me glisser pernicieusement dans leurs rangs pour mieux devenir l’aide et la main cordiale qui leur apporterait fidélité et allégeance… tout ça pour mieux les tuer dans leur dos. J’allais devoir agir comme un shinobi le devait. C’était une vie basée sur des mensonges à droite et à gauche. J’avais fait rayer ce bandeau frontal à Kumo, dans le but de passer pour un déserteur n’ayant plus de lien avec le village caché du pays de la foudre. Le portant sur mon front –ce qui n’était pas dans mes habitudes- et habillé comme un vagabond, le personnage serait crédible. Mon sang froid et mon sens du travail faisaient de moi l’un des Junin les plus qualifiés pour cette mission et c’est pour ça que j’avais été choisi par notre leader. Ici, je n’étais plus un junin de Kumo mais un déserteur dont le passé ne regardait que lui. J’avais une toute autre identité. Il était hors de question de laisser le moindre indice pouvait éventer ma couverture à ceux que j’allais infiltrer. C’était un principe simple et tacitement admis dans le domaine de l’infiltration. Depuis que j’avais posé le premier pied sur cette île gelée, abandonnant un batelier peu envieux de rester en ma compagnie plus longtemps. Les déserteurs n’étaient pas très appréciés mais, sans doute mû par l’effet de la peur que pouvait instiller le bandeau frontal rayé, l’homme ne s’était pas posé de question et avait accepté de me faire traverser, prenant l’argent que je lui avais alors tendu. J’approchais peu à peu d’un hameau, la fumée visible dans le ciel m’indiquant clairement la présence de cheminée dans les environs. C’était parfait. Un endroit pour me ressourcer quelques instants et commencer la récolte de mes informations. Ma progression continua jusqu’à ce que je puisse apercevoir plusieurs bâtisses dont le bois était blanchi çà et là par du givre et de la neige. Des gens habillés moins lourdement que moi mais néanmoins de saison s’affairaient autour de ces maisons. Cependant, ils n’étaient pas tellement nombreux que ça : c’était un petit village, somme toute. Certains regards se tournèrent vers moi, cherchant sans doute à découvrir ce qui se cachait dans l’ombre de ma capuche… sans succès. Je repérais assez rapidement une sorte d’auberge, d’où provenait le plus de fumée. Elle était sans doute en activité et je m’y dirigeais sans attendre dans l’optique de trouver un endroit où m’asseoir et également des bouches bavardes à épier. Tout ce que je pouvais apprendre, rumeurs, ragots, faits avérés… tout était à prendre. J’engagerais sans doute moi-même la conversation pour tirer les vers du nez des habitants locaux dans cet établissement. Après tout, si cette secte avait recommencé ses activités sanguinaires, la perplexité et l’angoisse pourrait surement délier les langues… les gens avaient tendance à faire beaucoup d’hypothèses quand l’incertitude planait au-dessus de leurs têtes et je comptais en profiter pour en retirer quelque chose de concret. C’est avec cette démarche en tête que je pénétrais avec lenteur dans l’enseigne de restauration, ne manquant pas d’attirer quelques regards indiscrets sur moi. Ma voix s'éleva avec laxisme, j'avais besoin d'un petit remontant.

- Un sake.



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Dernière édition par Raimei Hokoru le Mar 30 Oct - 12:44, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Sang et neige. [Mission de rang A] Mer 17 Oct - 17:30


Distrust

Le tavernier m’observa avec une certaine méfiance, ce qui était tout à fait compréhensible. Voir un individu encapuchonné entrer dans son établissement et lui demander un Sake tout aussi sec ne devait pas forcément faire plaisir, mais il n’était pas à ça près pour récolter un peu de fonds et hocha donc de la tête malgré sa moue largement désapprobatrice avant de s’abaisser derrière le comptoir, sans doute à la recherche d’une bouteille. Pour ma part, je n’étais là ni pour faire dans la dentelle, ni pour me faire des amis… ni pour révéler qui j’étais. Aussi je comptais bien garder mes couches de vêtement aussi longtemps que nécessaire, malgré la température ambiante bien meilleure qu’au dehors. Je m’avançais donc de quelques pas en direction du comptoir assez miteux, une pièce de bois massive rongée par les termites et harassée par les conditions climatiques, tout comme l’intégralité des bâtisses environnantes. J’ignorais copieusement les regards qui se tournaient vers moi, me contentant de rester sur mes gardes comme j’en avais l’habitude. Qui savait ? Avec les évènements récents, la population pouvait avoir pris le parti de se défendre d’elle-même… même si ça consistait à éliminer tous les types louches qui passaient dans les environs. En l’occurrence, j’étais à l’heure actuelle le stéréotype du voyageur maudit n’apportant que le malheur. Des chuchotements s’élevèrent d’ailleurs après mon passage, auxquels je ne prêtais pas non plus attention. Je me contentais de m’asseoir sans rien dire à l’établi en bois qui servait de comptoir à l’auberge, faisant grincer le support de fortune que je trouvais en un tabouret qui semblait ne pas en être à son premier accueil. Une fois cela fait, j’attendis encore quelques instants ma boisson. Pendant que le gérant me versant un petit bol d’alcool, je jetais des coups d’œil discrets aux alentours. Les gens étaient relativement silencieux… je me serais attendu à plus d’animation. Ils gardaient pour la plupart les têtes baissées et chuchotaient entre eux. Lorsque l’un de leurs regards croisait le mien, il se détournait assez rapidement. Oui… pas de doute. Un climat de méfiance régnait dans les environs. L’heure n’était pas aux réjouissances. Les actions renouvelées du groupuscule que je devais épier jusqu’au cœur de sa propre corruption ne laissaient pas les âmes des riverains indifférents, les plongeant dans une froide distance que je pouvais presque palper du bout des doigts. Une fois ma boisson servie, le patron se retourna tandis que je prenais mon récipient d’une main emmitouflée dans une mitaine de laine brune, gardant les yeux cachés sous ma capuche. Je l’interpellais tranquillement et il me répondit en grognant.

- C’est vrai ce qu’on dit dans le coin ?

- Comment ça ?

- Concernant la secte.

En entendant cela, il écarquilla un peu les yeux tout en regardant à droite et à gauche, se retournant totalement vers moi. Il passe une main sur sa calvitie naissante tout en s’approchant un peu plus près, laissant son ventre rondouillard s’appuyer contre le bois sec. Visiblement, il semblait avoir été mis mal à l’aise par ma question, ce qui m’était évident en voyant la lueur qui traversait ses iris et surtout le changement d’attitude soudain. De grognon et distant, il était devenu tout à coup pris de court, comme si je venais d’aborder un sujet vaguement tabou et qu’il était dans le malheur d’être la personne à qui je l’avais évoqué. Il se racla la gorge plusieurs fois alors que je gardais les yeux baissés vers ma boisson, que je sifflais en une fois avant de reposer le bol vide contre le bois effrité, laissant mes poings fermés se reposer contre le comptoir comme mes avant-bras. Finalement, l’homme qui semblait être dans la quarantaine d’année se décida à parler, néanmoins d’une voix plus basse que celle que quelqu’un de détendu aurait adoptée.

- Ces individus, ce sont des démons ! Je ne sais pas qui vous êtes et ce que vous faites ici, mais vous feriez bien de ne pas vous occuper de leurs affaires… et de ne pas trainer dans la région, si vous tenez à la vie !

La véhémence qui perçait dans sa voix était l’une des meilleures preuves de ce que je pensais jusqu’à l’or. Ce groupe mystérieux sorti du plus profond des âges shinobis faisait couler beaucoup d’encre, pour ainsi dire… et marquait les esprits. C’était ça, ce que j’avais pressenti chez les gens. Il n’y avait pas seulement de la méfiance : mais aussi de l’insécurité. Voilà pourquoi la vie semblait bien morne dans cet endroit. Ils avaient peur et savaient que ça pourrait leur tomber dessus à n’importe quel instant. D’un autre côté, ils ne pouvaient abandonner tout ce qu’ils avaient. Pour aller où ? Par-delà la mer, rejoindre le continent en guerre et se heurter à la suspicion de tous ? Autre part dans le pays, pour ne faire que retarder l’échéance ? Ils étaient coincés. Une bien triste réalité. Mon travail permettrait de l’arrêter… mais en attendant, il allait y avoir d’autres pertes, je m’en doutais bien. Je ne savais pas combien de temps j’allais prendre pour trouver ces individus moi-même et entrer dans leurs rangs. Je m’attendais surtout à ce que devenir l’un des leurs ne soit pas gratuit. Qui sait ce qu’on allait demander de moi ? Je m’attendais au pire, mais je n’avais nullement le choix, moi aussi. J’étais un ninja… j’étais une lame, maniée par une main invisible et qui avait infiniment plus de pouvoir que moi. Pour ce faire, il était essentiel de savoir faire taire sa propre conscience afin de mener ses objectifs à bien. De ranger ses remords et regrets dans une petite boite, un petit coin de son esprit que l’on fermait à double tour. Beaucoup pensaient à tort qu’être ninja, c’était avant tout pouvoir faire des choses extraordinaires et être un personnage puissant et respecté. Hélas, c’était loin d’être le cas. Les émotions conflictuelles, les choix cornéliens, les doutes… nous y étions confrontés encore plus que les autres. La seule différence, c’était que l’on s’en cachait très bien. Je repris la discussion, nullement rebuté par ses paroles.

- Votre attention à mon égard est touchante, mais je m’en passerai… vous avez une idée de leur dernier emplacement connu ?

Il sembla froncer les sourcils et j’entendis la désapprobation dans sa voix, mais cela n’allait pas me détourner de ma route.

- Un village, à l’ouest d’ici… ce qu’ils y ont fait… c’est horrible, d’après les rumeurs. C’est… rien que d’y penser… je ne veux pas en parler.

Il s’éloigna alors que je le remerciais d’un geste léger de la main, arquant le poignet pour lui adresser un signe. C’était plus qu’il ne m’en fallait. Je savais désormais où je pouvais me rendre pour faire une première analyse des faits. Visiblement, je n’arriverais pas à obtenir d’autres renseignements de la part de cet homme, sauf si je l’y forçais en me montrant plus insistant… ou en utilisant des moyens moins sympathiques. Ce n’était pas nécessaire dans l’immédiat. Le jour allait toucher à sa fin et je n’avais plus le temps de partir en escapade pour le moment. De plus, le voyage avait prélevé son dû dans ma forme physique et un peu de repos sonnait comme une douce mélodie à mes oreilles. Appelant de nouveau le patron, qui craignit sans doute que je ne le harasse avec mes questions, je lui demandais une chambre pour la nuit avant de déduire de mon porte-monnaie les ryôs que cela demandait. Il sembla content que ma demande ne soit qu’à ce sujet et pas à propos d’un autre, empochant avec une grasse satisfaction la somme exorbitante quand je voyais l’état des lieux. C’était futile, à vrai dire… penser à amasser de l’argent dans un moment pareil alors que la mort planait dans les environs. L’être humain était parfois plein de mauvais comportements de ce genre. Quittant l’ambiance au bord de la dépression que m’offrait la salle principale, je montais ensuite dans ma chambre. L’endroit était austère et morne, les draps craquelés par ce que je devinais comme l’action de petits insectes nuisibles. Un lit, une table de nuit et rien d’autre. Le strict minimum quand il s’agissait de dormir. Au moins la porte fermait-elle… c’était déjà ça de gagné. Je fermais derrière moi à double-tour afin de m’assurer d’être prévenu si quelqu’un tentait d’entrer par-là. Je ne dormirais que d’un œil cette nuit, il était hors de question d’être piégé comme un bleu par quelqu’un de mal intentionné et je savais pertinemment que ce genre de personne se cachait dans tous les recoins imaginables. Je me couchais donc avec des idées de ce que je ferais le lendemain, n’ayant aucun doute sur le fait que j’allais être mis à rude épreuve pour les jours à venir.



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MessageSujet: Re: Sang et neige. [Mission de rang A] Jeu 25 Oct - 15:01


Moving On

Ma nuit se passa sans aucune encombre. Mes doutes concernant les réactions de la population étaient peut-être infondés. En tout cas, personne ne vint déranger mon semi sommeil ni tenter de pénétrer dans ma chambre pour m’égorger dans le plus grand des secrets, ce qui n’aurait pourtant pas été étonnant selon moi. Après tout… un groupe de shinobis répandait la terreur dans la région. Quoi de plus normal que de se débarrasser de tous les individus suspects pour protéger son foyer, quand la peur nous tenaillait ? Cependant, que ce fut une bonne étoile ou tout simplement une population moins à vif que mes attentes, je pu profiter d’un repos mérité afin de me remettre sur pieds le lendemain, vers six heures dans la matinée. Malgré le climat hivernal de la région, la lumière perçait faiblement dans le ciel d’un gris clair opaque à cette heure. La température et la présence de neige faisaient partie des anomalies thermiques présentes dans le coin. Je commençais à me faire à la fraicheur des lieux : ce n’était pas la petite chambrée qui laissait à désirer qui risquait de me réchauffer. Elle avait juste rendu mes songes plus supportables, mais j’avais passé de bien meilleures nuits et de loin. Je ne perdais pas de temps en divagations au réveil, ayant d’ores et déjà l’esprit très net à cette heure matinale. J’avais tout intérêt à profiter de tout le temps que je pouvais avoir à ma disposition afin de récolter le plus d’indices possibles. Enfilant rapidement de nouveau mon ample cape à capuchon ainsi que mon écharpe me servant également de foulard, je terminais par mes mitaines avant de mettre mes bottes et de me diriger vers la porte de la pièce dans laquelle j’avais passé la nuit. Je descendis rapidement les escaliers, ne faisant pas un signe au tavernier pour la simple et bonne raison qu’il n’était pas encore debout. Sans perdre de temps, je me dirigeais vers la sortie avant de m’abandonner à la neige et au froid qui régnait dehors, prenant un bon bol d’air pur et glacé lorsque je mis un pied dans la texture duveteuse et molle.

Dehors, le temps était assez morne. La luminosité mettait en valeur à l’œil humain la misère des lieux, perdus dans le paysage sujet aux intempéries et blizzards. Je jetais rapidement un coup d’œil vers le ciel, mes yeux bruns brillants dans l’ombre procurée par ma capuche. Il était terne, sans éclat… grisâtre, en réalité. Pour quelqu’un comme moi, habitué à vivre dans les nuages et profiter du ciel bleu, ce décor était tout simplement déprimant. Chacun son lot, comme on disait. Je me remémorais rapidement la conversation d’hier avec le gérant de l’enseigne ainsi que le plan qui en été né dans mon esprit. Tout d’abord, je devais me rendre vers l’ouest pour y trouver des traces de ceux que je devais contacter et rejoindre. Après un peu de repérage basique pour savoir quelle direction emprunter, j’étais sur la route, traversant la contrée figée et silencieuse du pays de la neige sans moi-même esquisser le moindre son. Personne ne me suivait, j’étais seul… totalement seul. Mes seuls compagnons étaient les battements de mon propre cœur et les plaintes répétées de la neige que je foulais à un rythme constant, progressant d’un bon pas, montant et descendant les collines enneigées, me faufilant entre les arbres couverts de givres, pareils à des créations structurées réalisées avec du Crystal. Cet endroit en aurait été un parfait pour s’abandonner à la nature et réfléchir, mais je n’avais guère ce loisir que j’appréciais tant d’habitude. Je poursuivis ainsi mon chemin à un rythme égal, sans faiblir, pendant plus d’une bonne heure et demie de marche au travers des paysages tous semblables, avant de trouver quelque chose sur ma route qui différait du reste. Au détour d’une butte que je venais de gravir, commençant à me dire que j’aurai peut-être du accélérer le pas, les affres des actions que je devais empêcher à l’avenir se présentèrent devant moi dans toute leur macabre politesse. Je me figeais sur place, en proie au désarroi devant un tel spectacle, soupirant ensuite en laissant un nuage de vapeur s’élever dans l’air pour s’y fondre. Restes calcinés, débris de toute part qui commençaient déjà à être recouverts. J’étais bel et bien arrivé à destination… hélas.

Je descendis de mon perchoir avec une lenteur presque révérencieuse, sans prononcer le moindre mot ou émettre le moindre son. Comme si je m’étais trouvé dans un cimetière. Bientôt, j’eu à contourner les énormes morceaux de bois qui jonchaient le sol, brisés, parfois brûlés. L’élément neigeux avait commencé à prendre son droit sur ces vestiges de l’être humain qui s’étaient perdus dans les alentour, les recouvrant jusqu’à parfois ne laisser aucun indice de leur présence. Les bâtiments avaient été saccagés, parfois ils n’en restaient que des bribes ridicules. C’était ainsi qu’ils procédaient. Par le chaos et la destruction. Cependant, quelque chose me froissa dans ce tableau inquiétant. J’avais beau tourner la tête de droite à gauche, observer aussi bien le sol à mes pieds qu’à distance… il n’y avait pas la moindre trace des corps. Laissaient-ils leurs victimes en vie pour les emmener avec eux après avoir effectué leur raid ? Pourtant, ça ne correspondait pas avec les pratiques anciennes de la secte, selon mes données… Intrigué par ce fait, je pénétrais dans un grand bâtiment de bois partiellement noirci par les flammes. Le plancher craquait sous mes pieds alors que je me profilais à pas de loup, laissant le bruit inégal et loin d’être rassurant annoncer mon arrivée. À qui ? Sans doute à personne. Il ne semblait pas y avoir âme qui vive dans tout le périmètre. Il me fallait commencer à effectuer des recherches dès maintenant. Soudain, un léger bruit de fissure se fit entendre et je levais les yeux, juste à temps pour voir une partie de l’étage supérieur commencer à s’écrouler droit sur mon visage. Je m’esquivais en roulant sur le côté sans attendre, me redressant promptement au cas où le reste de la bâtisse aurait voulu me jouer le même tour vicieux. Je détestais encore plus les ruines. Mon cœur avait fait un bond, avec cette broutille. Me remettant de ma frayeur –mourir dans un éboulement peu fortuit me semblait vraiment idiot- j’entrepris de chercher des indices dans chaque recoin. J’estimais avoir toute la journée. Lorsque le soleil commencerait à redescendre dans le ciel, j’envisagerai de rentrer au village dans lequel j’avais résidé. Il pourrait me servir de point de repère dans la région. Pour l’heure, la boule enflammée qui éclairait notre bon monde n’en était même pas à son zénith, alors j’estimais avoir de quoi faire en termes d’horaires. Après quelques minutes de recherche, tout ce que j’avais trouvé me suffisait pour répondre à quelques-unes de mes questions. Une large trace sang séché, incrustée à même le bois. Quelqu’un avait été tué à cet endroit même, vu la quantité qui était restée comme témoin visible. À partir de là, deux choix s’offraient à moi : soit c’était le fruit d’un accident de parcours de la part du groupuscule, soit tout le monde avait subi le même sort. Après tout, l’attaque semblait remonter ; la neige aurait très bien pu recouvrir les autres traces, en plus du fait qu’elles avaient toutes les chances de disparaitre si elles restaient au dehors. Mais je ne trouvais toujours aucun corps… rien. Ils avaient tous disparus. Tous emportés, laissant les mystères de leur trépas avec eux. Je ne croyais guère plus en leur survie, d’ores et déjà. Lorsque je me souvenais des mots du Raikage, à savoir que ce rassemblement criminel avait tenté d’utiliser des jutsu dangereux et interdits par le passé, et que je couplais cela à mes découvertes, je ne pouvais m’empêcher de penser aux Edo Tensei qui parcouraient désormais la terre. On n’avait pas besoin d’une autre armée de zombie sur les bras… j’espérais me tromper.

La journée se poursuivi dans le calme plat, mettant ma patience à rude épreuve et ce malgré le fait qu’elle était d’acier. Il n’y avait rien, ici. Tout ce que je pu trouver en fouillant les décombres et soulevant chaque fragment qui était sur ma route, ce fut un simili-Kunai qui n’avait visiblement pas résisté à la chaleur provoquée lors de l’explosion du parchemin qui l’entourait. Rien de plus, rien de moins. Le temps s’était occupé d’effacer les traces qui auraient pu m’être utiles et les shinobis sur lesquels j’enquêtais ne laissaient rien dans leur sillage, me laissant libre d’effectuer toutes les spéculations que je voulais. Ce qui était loin de m’arranger. Je n’avais plus qu’à rentrer au bercail pour tenter de trouver un autre plan d’action, qui serait plus concluant. J’allais sans doute devoir démarcher dans le village et recueillir les ragots et rumeurs, avant d’en faire le tri. Ce qui m’attirerait les foudres des habitants… décidément, les choses s’avéraient si roses que j’en aurai presque ri jaune, si j’avais eu le rire facile. Je repris donc la route comme je l’avais prévu lorsque le soleil commença à décliner à l’horizon, abandonnant le pays à des reflets chamarrés qui semblaient figés dans le gel. Une nouvelle heure et demie de route commença pour moi. J’étais moins motivé qu’au départ, certainement. Le climat jouait contre moi. Trouver des traces dans un pays où il neigeait constamment était pareil à trouver une trace dans un désert balayé par les vents. À côté, trouver une aiguille dans une botte de foin me paraissait un défi tout à fait acceptable. C’est sur ces pensées mornes que je rentrais au village… mais quelque chose me mit la puce à l’oreille alors que j’arrivais aux alentours. Le soleil s’était couché, nous laissant dans une nuit noire et harassante tant la température avait chutée. Dans un premier temps, une fragrance dans l’air qui était tout à fait inhabituelle : celle de la fumée. Lourde, envahissante. Je reniflais et effectuais presque une moue de dégout. Le temps que je comprenne ce qui était probablement en train de passer, une explosion retentit en direction de ma destination, illuminant les ténèbres au loin. Je me mis alors à courir, réalisant ce que ça signifiait. Je ne perdis pas une seconde, mon rythme cardiaque s’accélérant et ma respiration se faisant plus saccadée sous mon écharpe. Lorsque j’arrivais sur les lieux, me cachant entre les arbres, je tournais le regard vers le bourg que j’avais quitté paisible ce matin. Il était en feu, en train de subir le même sort que celui que j’avais abandonné une heure et demie plus tôt. Ils étaient là… ceux que je recherchais étaient sans aucun doute les auteurs de ce qui se produisait. Devais-je m’en réjouir ou non ? Je n’en avais plus aucune idée.

- Nom de…




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