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The answer is blowing in the wind. [solo.- Partie 3]

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Shizuru Yukimitsu
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MessageSujet: The answer is blowing in the wind. [solo.- Partie 3] Lun 21 Jan - 14:15

Burn in the sand

Qu'est-ce qu'il faisait chaud... Jamais dans sa courte vie la kunoïchi n'avait encore évolué dans une telle fournaise. Le sable renvoyait les rayons de soleil ce qui, à son grand damne, rendait l'air prêt du sol tout bonnement irrespirable. C'était la première fois que la belle se rendait dans le désert du pays du vent ; jusqu'ici, elle s'était bien gardée d'approcher de cet enfer. C'est à dire que... Depuis 20 ans qu'elle existait, Shizuru n'avait jamais pu supporter la chaleur ou même l'été ; aussi, Suna et ses abords l'avaient-ils fort rebutée jusqu'à maintenant.
Cela faisait quelques heures déjà que les deux Shinobis évoluaient parmi les dunes en perpétuel mouvement ; la jeune femme femme, en âge, tachait de suivre le rythme. Son « senseï » l'avait néanmoins prévenu du rude climat de son pays natal et il n'était plus temps de se plaindre... Ou Ryusaki risquait de s'envoler et de la laisser en plan en plein milieu de cet immense rien. Cet homme était un roc, rien ne semblait l'atteindre : Leur beuverie d'hier n'avait laissé aucune trace sur lui, et cette progression dans l'enfer du désert ne le touchait pas d'avantage... Les Sunajin étaient-ils tous aussi coriaces que lui ? Si c'était le cas, l'ambiance au bled caché ne devait pas être formidable. L'adepte du futon n'avait pas décroché un mot depuis leur petite altercation et, sa mine Ô combien renfrognée, n'appelait pas vraiment à la conversation... S'il avait resté à la jeune fille un semblant d'espoir de sympathiser, il s'était évanoui en croisant le rictus dégoutté du quadragénaire :

« Y'a quelqu'un qui est mort ou t'as toujours l'air aussi blasé ? » La silhouette longiligne de son maître se stoppa brutalement avant de se retourner vers elle. Son expression avait changé ; de dégoûtée, elle était passée à courroucée. Pour s'être vaguement battu avec le junnin, la belle n'aimait pas cet air... Il avait un je ne sais quoi de dangereux « Non mais attend, tu prends tout mal ! » Elle recula, tant et si bien qu'elle finit par trébucher et tomber. Ryuzaki paraissait de plus en plus menaçant, à chaque pas qu'il faisait, ses yeux s'assombrissaient un peu plus « Ecoute moi gamine ; on est pas là pour papoter... Tu m'as harcelé pour que je t'entraîne, pour que tu deviennes « plus forte », non ? Et bien voilà, t'es chez moi, le meilleur endroit du monde pour gagner en puissance. Oui, je vais t'apprendre à te battre, je vais t'apprendre à user du futon... Mais t'avises pas de dire un mot plus haut que l'autre, ou on arrête tout. »

Acquiessant vivement, Shizuru tacha de déglutir en silence. Grand et passablement impressionnant, Ryuzaki savait se faire entendre... C'était la première fois qu'on la mouchait de la sorte, et c'était assez désagréable. Mais étrangement, la kunoïchi sentait le moment de « s'arrêter » ; si elle continuait à tester cet homme, il allait l'abandonner. C'était assez désarçonnant de se retrouver face à quelqu'un capable de vous tenir tête, surtout au bout de 20 ans... En quelques phrases, le sunajin avait su lui rabattre son caquet et lui imposer le respect, impressionnant.
Il lui tourna le dos et reprit sa route, se relevant discrètement, la jeune femme lui emboîta de nouveau le pas. La mine sombre, la belle resta parfaitement muette tout le reste de la journée... Elle ignorait où la mènerait cet énergumène, mais il semblait décidé. Le simple fait de marcher sous ce soleil de plomb dévorait toute son énergie ; progresser dans tout ce sable était un véritable calvaire. Comment les ninjas de ce pays pouvaient-ils se battre dans un environnement pareil ? Chaque pas était une épreuve, respirer devenait même difficile... Courir, manier les armes ? Hors de question. Absorbée par ses propres geignements, la kunoïchi ne prêta pas gare à son senseï qui s'arrêta. Ce dernier laissa soudainement tomber sa veste au sol, avant de se retourner vers sa disciple ; la jeune femme avançait la tête baissée et ne le vit que trop tard... Une nouvelle fois, la belle chuta :

« Aïe ! » Ses coupures étaient encore ouvertes et le sable qui s'y insinuait brûlait atrocement « Bats toi. »- « Pardon ? »

Dégainant un poignard court, Ryuzaki chargea. Encore au sol, Shizuru réalisa alors qu'il était on ne peut plus sérieux... Derechef, la kirijin se releva d'un bond et para l'attaque de son sabre. Ces simples mouvements nécessitaient une énergie considérable par une telle chaleur ; le sang et la sueur se mélangeaient sur le visage de la guérisseuse en un tout inquiétant :

« Pauvre malade ! J'ai l'air d'être en état de me battre ? » Il continuait à mener l'assaut à coup de kodachi (sabre court de 60 cm) et affichait désormais un large sourire « Tu devais pas t'entraîner ? J'suis pas tes copines de Kiri moi ! J'suis ton senseï ! Alors ferme la et bats-toi ! »

Le quadragénaire renouvela son assaut, manquant de peu le visage de la demoiselle. Le fil du katana coupa quelques cheveux avant de trancher le vide… Ryuzaki ne contenait pas ses coups, et si son habilité au Kenjutsu était somme toute relative ses attaques restaient dangereuses. Du mieux qu’elle en était capable, Shizuru se reprit ; sa maitrise du sabre était supérieure, si le Sunajin voulait jouer du fer elle était tout à fait en mesure de se défendre. D’un geste ample, la belle frappa le sable de son arme, soulevant ainsi une volée de minuscules grains qui se destinaient à aveugler son adversaire :

« Ridicule ! Daitopa ! » Une violente bourrasque renvoya la poussière et la déséquilibra, manquant de la faire tomber. C’était la troisième fois aujourd’hui qu’elle se retrouvait à terre devant le shinobis et cette situation lui déplaisait particulièrement « Et sinon, tu sais faire quoi à par te retrouver le cul par terre ? » Il rengaina avant de se rapprocher de son nouveau disciple en lui tenant la main « Relève-toi. »

La mine décrépite, elle refusa cette aide pour se redresser par ses propres moyens. C’était humiliant de se faire allonger deux fois d’affilé par un gars rencontré dans un bar miteux ; son orgueil de shinobis –si tant était qu’il eut jamais existé- en prenait un sacré coup. Aussi loin que remontaient les souvenirs de la Kunoïchi, les entraînements n’avaient jamais ressemblé à ça… Ce voyage, c’était une longue séance de torture, rien de plus. Cet homme, cet homme qui détenait le savoir qu’elle convoitait tant, était un bourreau qui passait sa frustration sur la greluche qui avait été assez stupide pour le suivre :

« Le futon, gamine, c’est l’attaque. L’offensive invisible qui frappe sans détour… Et tu ne m’as pas l’air d’être du genre direct. C’est pour ça que je t’attaque, pour te forcer à me rendre la pareille. »-« Ici je peux rien faire, y fait trop chaud. » Ryuzaki arqua un sourcil avant de lâcher un grognement méprisant « Trop chaud ? Tu te fous de moi c’est ça ? Je veux pas t’entendre te plaindre… Je veux que tu commences à malaxer ton chakra, en silence. » C’était comme retourner dans une école version diabolique, où la température atteignait au bas mot les 45°… « J’finirais par faire quelque chose de toi. »

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Shizuru Yukimitsu
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MessageSujet: Re: The answer is blowing in the wind. [solo.- Partie 3] Sam 26 Jan - 15:30

Stay or die

Harassée par la température et les coups de son mentor, Shizuru tentait néanmoins de faire ce pourquoi elle était venue : s’entrainer. Ryuzaki, en bon pédagogue tyrannique, lui avait donné comme seule indication « malaxe ton chakra » avant de l’abandonner à son sort… Bien que ce fut un peu léger au goût de la demoiselle, elle avait fini par cerner le personnage et préférait suer sang et eaux plutôt que de se prendre une nouvelle trempe. Et puis, ce ne devait pas être si difficile que ça de s’approprier le futon… Du moins le pensait-elle.
Dans ses souvenirs, « l’acquisition » de sa précédente affinité –suiton- s’était déroulée sans encombre… Diffuser son chakra, sous une forme semblable à des vagues, s’était révélé assez simple, alors pourquoi cette fois-ci aurait été différente ? La forme sous laquelle son énergie allait se répandre devrait simplement se manifester autrement… Plus directe, plus tranchante ; le mot exacte était sans doute : « rafale ». Tout confiante en ses capacités, Shuu’ s’était attelée à la tache après s’être armée de son katana. Son plan était simple : se servir de son arme comme d’un catalyseur d’énergie qui aurait également façonné son chakra dans un aspect idéal. Tout semblait parfaitement logique et si ses premiers essais se soldèrent par de cuisants échecs, la guérisseuse ne perdit pas espoir… Même les rires moqueurs de son senseï n’y firent rien. Maintenant qu’elle était plantée en plein désert, il était peut-être temps de s’y mettre sérieusement.

Se tenant droite malgré les rayons de plomb, la kunoïchi parvenait à insuffler du chakra dans sa lame, mais celui-ci n’en ressortait qu’invisible et intangible… Si la théorie semblait aisée, la pratique était beaucoup plus ardue. C’était frustrant d’utiliser autant de force dans le vide ; chacune de ses tentatives n’aboutissait qu’à un gros flop… Une fois, il lui avait semblé voir quelques grains de sable se soulever mais cela n’avait été qu’un vulgaire coup de vent. Tous ces efforts, pour rien. Chaque minute dans cet enfer paraissait durer des heures et passer cette éternité à tourner en rond n’était pas supportable. Il était encore pire de se démener en sachant qu’il n’y avait aucune possibilité de fuite ou d’abandon… L’endroit où l’avait trainé Ryuzaki était si profondément enfoncé dans les terres du pays du vent qu’il lui aurait été impossible de retrouver son chemin ; le bougre avait bien joué son coup… Il ne restait plus à la jeune fille qu’une seule chose à faire : essayer encore, ou mourir. Curieusement, elle ne doutait pas que le shinobis puisse la laisser ainsi, au beau milieu du néant, sans état d’âme ; et ce n’était guère réjouissant.

L’astre solaire, qui la dardait tant, commençait enfin à décliner dans le ciel. Exténuée par ses ratés consécutifs, Shizuru se laissa tomber à même le sol pour admirer le spectacle ; un peu de réconfort dans ce monde de brute… L’horizon se dépeignait d’un extraordinaire camaïeu d’orange et de rouge qu’elle n’avait jamais eu l’occasion de voir ; ces couleurs étaient plus éclatantes que toutes les autres, c’était certain. Le plus surprenant, c’était de voir autant de beauté dans un endroit aussi stérile… C’était si contradictoire. Les degrés commençaient doucement à filer et, la brise qui soulevait les dunes depuis le début de la journée, se rafraichissait finalement. C’était presque agréable, alors, de se retrouver ici… Si on oubliait la perspective qu’il n’y avait rien aux 100km alentours, c’était plutôt pas mal.
Le sunajin qui, jusqu’ici, s’était tenue en retrait, vint alors s’asseoir à côté d’elle. Son expression calme ne laissait rien présager de mauvais, si bien que Shuu’ se détendit. Le regard perdu dans le vide, Ryuzaki posa sa main bourrue sur le genoux de sa disciple :

« Alors, on a réussi ou on a pas réussi ? » La question fatidique… Il ne servait à rien de tricher ou de mentir ; c’était pour elle qu’ils étaient ici « Pas réussi. » Cette fois-ci, il n’y eu aucun rire sarcastique ou blague désobligeante ; simplement un grognement songeur « Tu t’y prends mal. C’est beaucoup moins compliqué que tu ne le penses. » Encore un renseignement imprécis, inutile… Décidément, il aimait jouer avec ses nerfs ! « Écoute, les conseils new-age, je m’en passerai. Si tu comptes me laisser crever ici à faire mumuse avec des grains de sable, dis le moi de suite et on gagnera du temps. » Visiblement amusé par l’irritabilité de sa comparse, le shinobis sourit. Sans doute s’habituait-il, au bout du compte, à ce caractère un peu fort… « Ça va, descend de tes grands chevaux. Si tu utilisais toute l’énergie que tu déploies à râler pour t’entraîner, tu serais Kage… * soupir * Tout ce que je veux dire, c’est que tu dois simplement visualiser la coupe. Vois ton geste se concrétiser, insuffle ton chakra en une idée et non pas une chose. »

Que c’était pompeux… Mais, étrangement, elle comprenait. Jusqu’ici, la belle s’était focalisée sur l’envie de voir son sabre se transformer en une espèce de canon à vent ; c’était stupide. Non seulement cet énergumène avait raison mais, en plus de ça, elle s’était conduite comme une parfaite novice… Un peu vexée, la jeune femme se contenta d’acquiescer en silence ; Ryuzaki, quant à lui, se releva et repartit d’où il était venue. Le discours de son professeur raisonnait encore lorsqu’elle le vit s’éloigner, et lorsqu’il fut caché par les dunes, Shizuru se remit sur pied. Il fallait absolument qu’elle essaye… Allez savoir pourquoi mais il avait réussi à titiller sa curiosité ; pour la première fois de sa vie, un tiers lui donnait envie de se dépasser. C’était curieux, mais la kirijin mourrait d’envie de prouver à son maitre qu’elle était capable de faire ce qu’il attendait d’elle…Soudainement, peu lui importait combien de temps ils passeraient dans ce désert ; il fallait faire ce qui devait être fait.
Une fois sa prise assurée sur le manche de son sabre, la jeune femme expira lentement… Après quelques secondes prises pour faire le vide, elle tacha de ressentir son chakra ; l’énergie, vivace, courait le long de son être comme un fluide. Ce fut cette force que la kunoïchi imagina alors trancher l’air devant elle, d’un coup net… Plusieurs fois, elle visualisa ce procédé avant de, tremblante, porter un assaut dans le vide. Un bruit sifflant fendit alors l’atmosphère et, miracle, une gerbe de sable soulevée par son attaque s’envola… C’était peu de chose, même pas de quoi faire désarçonner un insecte ; mais c’était quand même déjà ça. Le concept était compris, ne lui restait plus qu’à essayer encore, en y mettant plus de conviction, en se concentrant d’avantage et elle ne finirait pas produire un courant digne de ce nom. Ce n’était plus qu’une question de temps avant qu’elle ne réussisse, Shuu’ en était certaine…

Alors que la nuit tombait, la kirijin n’était pas prête de laisser tomber les armes. Si « proche » du but qu’elle convoitait tant, elle ignorait les appels de son corps et de son esprit exténué et, malgré le froid mordant d’un désert endormi, ne pouvait se résoudre à s’arrêter…

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Shizuru Yukimitsu
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MessageSujet: Re: The answer is blowing in the wind. [solo.- Partie 3] Dim 27 Jan - 21:31

This is the end, my only friend the end.(part one)

La lame s’abattait, encore et encore, soulevant chaque fois plus de poussière. Le geste était précis, sa concentration intense… Quelques gouttes de sueur perlaient sur son front et sa nuque, laissant sur leur passage un sillon glacé. Chaque muscle de son corps se crispait et relâchait une quantité d’énergie phénoménale avant de se tétaniser… Manipuler le futon se révélait beaucoup plus compliqué qu’elle ne l’avait cru. Trancher l’air demandait une force d’attention phénoménale et Shizuru parvenait difficilement à maintenir cet état.
Son arme lui paraissait de plus en plus lourde et, le froid qui s’était installé au crépuscule, devenait de plus en plus dur à tolérer. Passer ainsi de la fournaise à des températures polaires était assez déroutant pour le corps ; d’autant plus que la belle avait subi, et s’était infligé, pas mal de mauvais traitements. Mais elle ne pouvait pas abandonner si près du but… Maintenant qu’elle parvenait enfin à produire ce minuscule courant, ça ne pouvait aller qu’en s’améliorant. Ryuzaki avait eu raison de l’emmener ici, c’était sans doute le meilleur endroit du monde pour s’entraîner ; aride, vide, sans échappatoire. Tout cela exacerbait son envie de réussir à tel point que la kirijin ne se reconnaissait plus… C’était la première fois qu’elle se démenait à ce point pour quelque chose ; ou pour quelqu’un.

« Plus ample ! »

Le quadragénaire était planté quelques pas en arrière, les bras croisés. Son air grave et contrit en disait long sur son état d’esprit… Etait-il déçu ? Curieusement, cela la touchait et lui donnait d’autant plus envie de se dépasser. Une nouvelle fois, la jeune femme renouvela son mouvement en y intégrant plus d’ampleur. Son katana fendit l’atmosphère en une longue ligne circulaire et, brutalement, le sol à ses pieds se souleva… Le sable déplacé par son attaque s’envola sur plusieurs dizaines de mètres plus loin avant de retomber. Un élan d’allégresse l’envahit alors, la transportant littéralement dans un état second –la fatigue y était sans doute pour quelque chose. Le sourire, presque dément, qui déforma alors son visage couvert de sang séché était une expression de joie pure… Elle avait réussi, elle avait enfin réussi !

« T’arrête pas, c’est pas fini. »

Cette seule phrase, lancée avec tant de désinvolture, suffit à faire s’évaporer ce merveilleux sentiment. La tension qui l’avait maintenue debout si longtemps commençait à disparaître et ses jambes –qui lui semblaient faite de coton- menaçaient de céder… Mais elle se reprit, encore. Affirmant sa prise sur sa garde, Shizuru tacha de se remettre en position :

« Encore plus large, et respire ! »

Maintenant ses yeux mis-clos, la belle expira longuement avant de prendre une grande inspiration. Son sabre, placé derrière son talon, décrivit un arc plus large plus large que le précédent :

« Maintenant relâche ! »

Tout l’air bloqué dans ses poumons et la tension liée à l’effort se dissipèrent… Une immense gerbe de sable tournoya alors plusieurs secondes ; laissant la demoiselle pantoise. C’était la plus belle tentative depuis qu’elle avait commencé à s’entraîner ; à coup sûr, cette bourrasque aurait suffi à désarçonner n’importe qui. Harassée, une paupière tombante, la kirijin se retourna vers son mentor en espérant croiser dans son regard un semblant d’approbation… Mais Ryuzaki détourna les yeux et soupira avant de disparaître à nouveau. Cet abandon soudain, vide de sens, lui fit l’effet d’un électrochoc et finit de la vider de ses quelques bribes d’énergie. S’écroulant lourdement sur le sol, Shizuru n’avait plus la force de continuer… Utiliser tant de chakra par un temps, tour à tour, formidablement chaud puis abominablement froid était une expérience désagréable. La sueur qui avait baigné son corps toute la journée avait gelé, la laissant frigorifiée au milieu du désert…
Ainsi allongée, la belle était en proie au doute. Tous ces efforts mobilisés et même pas un « bravo » ; c’était décourageant. Pourtant, le ballet étoilé qui lui servait de couverture avait quelque chose de réconfortant… On y voyait comme en plein jour tant les étoiles ici étaient nombreuses et flamboyaient avec ferveur. Il n’y avait pas un centimètre carré de ciel qui n’était pas maculé d’astres stellaires et ce spectacle merveilleux se déclinait à l’infini. Dunes et voute onirique se côtoyaient, flirtaient presque par endroit… Tout cela était si beau que sa peine lui semblait alors dérisoire. Seule la fatigue subsistait malgré cette étonnante représentation et, très vite, la jeune femme sombra dans un sommeil proche de l’inconscience.

° La nuit passe, sans encombre. Quelques lézards aventureux sont bien venus mordiller le corps, en apparence sans vie, de la kunoïchi ; mais ils sont tous repartis bredouilles… La température, descendue très bas vers 3h du matin, réveillera Shizuru. Cette dernière, transie par le froid, sera contrainte de se réchauffer par le mouvement.

Elle était tremblante, pas plus reposée que lorsqu’elle s’était endormie… Son petit somme avait duré quoi, cinq heures ? Six, grand maximum. Dans tous les cas, cela n’avait pas été suffisant. Son être était tout entier n’était plus qu’une grande courbature et il lui semblait à peine être capable de se tenir debout. Malheureusement, aux alentours il n’y avait rien qui aurait pu être utilisé pour faire du feu et, bien sûr, pas la moindre trace de couchage… Ne restait plus qu’à s’activer, faire appel à sa « chaleur » intérieure. Difficilement, la jeune femme parvint à se relever et, appuyée sur son katana, commença à marcher à vive allure –enfin, claudiquer à vive allure. Chaque pas était une douleur qui raisonnait dans chaque muscle, chaque respiration gelait ses poumons…
Vive le pays du vent.

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Shizuru Yukimitsu
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MessageSujet: Re: The answer is blowing in the wind. [solo.- Partie 3] Mer 30 Jan - 15:13

This is the end, my only friend the end. (part 2)

Après avoir tourné en rond durant des heures, la kunoïchi avait eu la joie de voir le soleil se lever. Vers six heure du matin, l’atmosphère s’était un peu adoucie puis, progressivement, était redevenue étouffante. C’était un calvaire sans fin, la canicule succédait au froid polaire sans transition et mettait le corps à rude épreuve… Que ce soit le jour, ou la nuit, le désert réservait toujours plus d’épreuves aux fous qui s’étaient aventurés en son sein. Et même si la jeune femme avait réussi, miracle, à ne pas se perdre en tentant de se réchauffer ; Ryuzaki ne semblait pas traîner dans les parages. Le sunajin, visiblement expérimenté de ce genre de milieu, avait tout bonnement disparu parmi les dunes depuis la veille. Sans doute avait-il été déçu de sa dernière prestation et avait-il finit par se lasser… Si tel était le cas, elle était déjà morte. S’orienter dans cet océan de sable était un défi hors de sa portée, surtout dans un tel état de faiblesse. Peut-être que tout se terminait ici, simplement ? Elle redeviendrait poussière et ses ossements seraient dévorés par les chacals et autres vautours… Ce n’était pas vraiment ce qu’elle s’attendait à trouver en suivant son « mentor » mais que faire ?
Comme tout équipement, la jeune femme ne possédait que son katana et ses vêtements ; son espérance de vie venait tout d’un coup de passer de 40 ans à 40 mn. Sans vivres, sans protection particulière contre les rayons du soleil ; elle ne donnait pas chère de sa peau. Curieusement, cela ne lui faisait pas plus peur que ça… Probablement à cause de la recrudescence des situations désespérées dans lesquelles elle s’était trouvée récemment. De plus, au moment où son pied avait foulé le sable du pays du vent, la demoiselle avait su ce à quoi elle s’exposait.

Ne restait plus qu’à faire passer le temps en attendant de tomber, une dernière fois. Sans eau, ni nourriture, les perspectives étaient assez limitées… Mais il lui restait bien une dernière chose à faire : maitriser cette technique. Après tout, c’était bien pour ça qu’elle était venue, alors autant jouer le jeu jusqu’au bout !
Pour la énième fois, Shizuru se plaça en position d’attaque : Les jambes solidement ancrées dans le sol, elle tacha de vider son esprit. Si, en temps normal, cette étape se soldait par un échec, cette fois-ci elle fut couronnée de succès… Rien ne venait interférer dans le vide parfait de son esprit, pas même la peur du trépas. A cet instant précis, rien ne comptait mise à part cet assaut ; chaleur, courrants tortueux et faiblesse disparaissaient au profit d’une intense concentration. L’abandon total de son existence, jusqu’au plus profond souvenir… Dans sa tête ne tourbillonnaient plus l’angoisse ni le désir ; seulement le vent. Son sabre se plaça instinctivement derrière elle, suivant la courbe de son corps, et d’un mouvement souple fendit l’air. Il n’y eu aucun bruit, pas le moindre sifflement… Puis, le dixième de seconde suivant, la dune qui se trouvait tout proche se scinda en deux avant d’exploser. La vague de sable qui, provoquée par son propre jutsu, fut renvoyée par une bourrasque plus puissante ne manqua alors pas de la désarçonner…

« Pas mal ! »

Reconnaissant la voix de son horrible professeur, la kirijin se releva en catastrophe et le chercha des yeux. L’énergumène se trouvait à quelques pas de feu le monticule de sable qu’elle venait de découper et affichait un sourire satisfait… Dans les yeux du sunajin luisait la fierté. Comme un maitre fier d’avoir appris un tour à son animal de compagnie, il s’approcha de Shuu’ et lui lança une gourde. L’outre, attrapée au vol, fut directement portée à sa bouche et la jeune femme but à grandes gorgées plusieurs secondes durant… :

« J’étais parti chercher de l’eau. » Et ne l’avait donc pas laissée entre les griffes de cet impitoyable désert ? La demoiselle s’était fait des idées, sans doute, mais il fallait avouer que la situation était propice aux idées noires « Et donc… Y’a que les situations potentiellement mortelles qui te motivent ? » Elle lui renvoya son bien avant de soupirer de bien-être. Même l’ironie du vieil homme ne suffirait pas à mettre à mal sa bonne humeur, il pouvait bien pester tant qu’il voulait « C’est bien ma belle, c’était tout à fait ce que j’attendais de toi… Pour être honnête, tu y étais déjà arrivée hier, mais je te pensais capable de mieux. »

« Capable de mieux » ? C’était la première fois qu’une tierce personne avait placé en elle… Et qu’elle avait été récompensée. Le sentiment, Ô gratifiant, qui envahissait alors le duo était proche de l’extase… L’un se congratulait d’avoir enfoncé quelque-chose dans la tête de son élève et l’autre d’être encore en vie. C’était LE moment, celui ou tous ses efforts payaient ; et c’était incroyablement plaisant. Cette expérience, si elle avait été éreintante physiquement et mentalement, avait été utile… Shizuru se rendait finalement compte qu’elle avait les capacités –et la volonté- de s’en sortir. Pour certains, cela allait de soi, mais pour le comprendre la jeune femme avait dû s’exposer à la mort… Cela avait été un mal pour bien !

« Pitié, ramène-moi chez moi. Il faut que je me meure sur mon canapé en appréciant d’être toujours entière. » Son mentor pouffa avant de lui faire un signe de la main « Allez, viens. Mais je te raccompagne seulement jusqu’à la lisière du pays… Et tu dois me promettre une chose. » Encore ? Elle n’était plus bonne à rien… « Ne reviens plus jamais me voir. » Ce fut à son tour de rire… « Avec plaisir ! »



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